Trois bons romans de science-fiction pour le printemps

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Trois bons romans de science-fiction pour le printemps

Message par Chronos » mer. mai 15, 2019 1:36 pm

Vous ne savez pas quoi lire actuellement ? Cette sélection tombe à pic. Anticipation militante, space opera militaire ou fable ironique, faites votre choix.


Les premiers livres de science-fiction notables de l'année 2019 arrivent enfin avec le printemps. On attendait beaucoup de cette cuvée post-trêve hivernale puisque, jusqu'ici, à part quelques titres dénichés ça et là, on n'avait pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Heureusement, nos espoirs n'ont pas été déçus. Après des heures et des heures de lecture, nous avons retenu trois romans (dont deux français, ce qui, forcément, nous fait très plaisir). L'un marque le retour d'une star et imagine notre société en 2040 ; l'autre, signé d'un vieux briscard toujours efficace, dépeint un empire galactique en plein effondrement ; le dernier, digne des meilleurs épisodes de Black Mirror, nous fait découvrir une nouvelle plume plus que prometteuse. Oui, vraiment, la récolte fut bonne !


Les Furtifs : le chef-d'œuvre d'Alain Damasio

Si vous lisez régulièrement Le Point Pop, vous savez déjà à quel point on a adoré le retour tonitruant d'Alain Damasio au roman de SF, quinze ans après La Horde du Contrevent. En 2040, l'État français a quasi disparu, remplacé par des multinationales propriétaires de tout, même des villes (Paris appartient à LVMH, Cannes à Warner, etc.). Alors que l'insurrection monte contre la privatisation et la surveillance de masse, le sociologue Lorca Varèse s'engage dans une unité militaire d'élite pour tenter de retrouver sa fille disparue. Cette dernière aurait été enlevée par des furtifs, une espèce animale invisible qui intrigue l'armée. Courses-poursuites, émeutes urbaines, traques high-tech, impossible de s'ennuyer dans ce récit d'anticipation qui s'impose d'ores et déjà comme un futur classique. On ne peut que vous inviter à lire notre critique complète avec extrait à l'appui, à dévorer l'interview passionnante de l'auteur et à vous précipiter sur Les Furtifs.

Les Furtifs d'Alain Damasio (La Volte), 25 €, 687 p.


L'Interdépendance : une trilogie qui démarre très bien

Après Le Vieil Homme et la Guerre et le truculent Redshirts (couronné du Prix Hugo en 2013), l'Américain John Scalzi livre une nouvelle trilogie qui mêle habillement intrigues politiques, humour et space opera. Lauréat du prestigieux prix Locus 2018, le premier tome de L'Interdépendance séduit par son efficacité. Intitulé L'Effondrement de l'Empire, il chronique la chute annoncée de l'Interdépendance, un empire de 48 systèmes solaires reliés par un courant spatial (le « Flux ») qui permet de voyager plus vite que la lumière, mais dont la stabilité semble compromise. Un jeune scientifique, une commandante de vaisseau impitoyable en affaires et une impératrice fraîchement débarquée vont devoir affronter le cataclysme tout en évitant les nombreux coups fourrés des guildes de la galaxie. Malgré une trame somme toute classique, Scalzi parvient à embarquer le lecteur dans une aventure plus intéressante qu'il n'y paraît. L'écrivain, qui n'a rien d'un débutant (il s'est fait une belle réputation dans la SF militaire), prouve une fois de plus sa maîtrise narrative et sa capacité à brosser des héros et anti-héros attachants (où les femmes mènent la danse). On regrette seulement que Scalzi n'ait pas poussé le vice jusqu'à sacrifier quelques personnages principaux à la façon d'un Pierre Bordage dans Les Guerriers du silence. Ce sera peut-être pour le prochain volet, dont on attend déjà la parution l'an prochain.

L'Interdépendance volume 1 : L'Effondrement de l'Empire de John Scalzi (L'Atalante), traduit par Mikael Cabon, 21,90 €, 336 p.


Les Bras de Morphée : un premier roman coup de cœur

Hiver 2050, une étrange maladie nommée Morpheus plonge les humains dans un sommeil de plus en plus long : les plus touchés dorment désormais jusqu'à 20 heures par jour. L'éducation, le langage, la politique, tout doit se transformer pour s'adapter à cette nouvelle configuration. Il faut faire vite, faire court et ne pas troubler l'ordre public. Le professeur de littérature rapide Pascal Frimousse appartient aux 2 % de veinards qui ne roupillent que 12 heures par jour. En parallèle de son travail d'enseignant au Lycée français de Prague, il s'amuse à être « un troll professionnel », une activité criminelle qui consiste, moyennant finances, à faire perdre leur précieux temps à de pauvres victimes. Mais voilà qu'un contrat l'amène à enquêter sur la disparition d'un mystérieux scientifique... C'est parfois dans les toutes petites maisons d'édition qu'on trouve les pépites les plus inattendues. En publiant ce premier roman de Yann Bécu, un professeur de français en République tchèque inconnu au bataillon, L'Homme sans nom peut se féliciter d'avoir offert à la science-fiction française un auteur sur lequel on comptera désormais (dommage toutefois que la couverture du bouquin ne lui rende pas justice) ! Les Bras de Morphée est une très belle surprise, drôle et inventive à souhait. La description de « La Grande Réorganisation » et des lois de cette société du sommeil est fascinante et on se régale en découvrant comment la culture, la lecture et toutes ces choses qui « prennent trop de temps » tombent peu à peu en désuétude (« La devise actuelle de Prague en dit long sur le changement des mentalités : “Structure, ponctualité, synthèse” »). On peut lire Les Bras de Morphée comme une métaphore ironique de l'accélération induite par la révolution numérique ou, plus simplement, comme une fable absurde, mais juste, de ce que nos sociétés feraient si leur temps était compté. Un bon concept, c'est bien, mais un bon concept avec une bonne histoire et une bonne fin, c'est suffisamment rare pour être souligné. Bravo donc à Yann Bécu pour cette entrée très réussie sur la scène science-fictionnesque !

Les Bras de Morphée de Yann Bécu (L'Homme sans nom), 17,90 €, 296 p.


Source : https://www.lepoint.fr/pop-culture/livr ... 1_2945.php
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